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Hôtel Domaine de la Tortinière - Château Hotel 4 étoiles Restaurant





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DOMAINE DE LA TORTINIÈRE
Anne & Xavier Olivereau
Route de Ballan Miré
Les Gués de Veigné
37250 - MONTBAZON
Tél. : 33 (0)2 47 34 35 00
Fax : 33 (0)2 47 65 95 70

© France Antiques 1996-2008

Historique du Château Hôtel Domaine de la Tortinière


L'Histoire de la Tortinière et de ses environs commence dès l'époque romaine : en effet, le chemin qui part de l'entrée du parc et longe le mur de la propriété en direction de l'Indre fait partie du tracé de l'ancienne voie romaine qui menait de Tours à Montbazon. Il portait le nom de "Chemin blanc", sans doute à cause des pierres calcaires qui le composaient. Il aboutissait à la Courtille et continuait vers Sorigny sous le nom plus récent de "Chemin des Bœufs gras".

Le donjon de Montbazon que l'on aperçoit depuis la terrasse de la Tortinière fut bâti à la fin du Xème siècle par Foulques Nerra (le Faucon Noir) Comte d'Anjou qui convoitait également la Touraine. Il y construit entre 991 et 997 un grand nombre d'autres forteresses à Langeais, Sainte-Maure, La Haye (Descartes), Semblançay, Amboise, Montrichard, pour encercler Tours qu'il désire prendre sans toutefois oser l'attaquer. On montre encore, pas très loin de la Tortinière, les restes d'une butte féodale que la coutume appela "Bazonneau" (le petit Montbazon) où Foulques Nerra se serait établi pendant la construction du donjon. Le donjon situé au meilleur endroit stratégique de toute la vallée de l'Indre, fut, pour les Comtes d'Anjou, un point d'appui dans leurs luttes contre les Comtes de Blois. Cette tour dut subir bien des assauts, particulièrement dans les années 1039-1100 ; assauts dirigés par le Comte de Preuilly et en 1117 par le Comte d'Anjou.

Après la mort de Foulques Nerra en 1040, le château de Montbazon devient le fief de la famille Mirebeau, puis il passe entre les mains de Philippe Savary, puis des Craon, des La Rochefoucault et des Rohan. En 1459 le roi Charles VII y réside et y reçoit l'hommage du duc de Bretagne. C'est vers 1490 que le domaine passe entre les mains de Louis III de Rohan par mariage. En 1588 Henri III fit de Montbazon un grand duché-pairie au profit de la famille Rohan qui le posséda jusqu'à la Révolution.

Sur le sommet de la partie Sud-Ouest du donjon, se trouve une plate forme de fer qui a supporté un système de télégraphie optique Chappé (il fonctionna jusqu'en 1850, date à laquelle on commença à utiliser le télégraphe électrique). Sur le côté opposé fut édifiée en 1866 une statue de la Vierge en métal sur âme de bois. Elle mesure 9,30 m de haut. Elle est faite de plaques de cuivre rivées ensemble et remplie aux 2/3 de moellons et de béton.

Mais revenons à la Tortinière proprement dite. Le XVIème siècle est en Touraine une période heureuse et prospère pendant laquelle nombre de manoirs, logis et castels voient le jour. Ce fut sans aucun doute à cette époque que l'on construisit la première Tortinière rustique et massive quoique flanquée de deux tourelles. Le rôle des Fiefs de Touraine nous indique que le domaine appartenait en 1562 à Jean Forget de Villedieu "sire de la Tortinière" qui fut Maire de Tours en 1599. En 1638 il passe entre les mains de la famille Compain qui le garde jusqu'à la fin du XVIIème siècle. C'est une famille de soyeux, Tours étant à cette époque une des capitales de la soie.

La Tortinière passe ensuite successivement entre les mains des familles Raymond, Roujou et Petit dont nous ne savons pas grand chose sinon que Louis-Denis Petit du Chastenay, Inspecteur à la poudrerie du Ripault vend en 1845 la Tortinière à Françoise Bastard et c'est le 2 mars 1861 que Pauline Dalloz acquiert des Bastard la Tortinière par adjudication pour la somme de 65.000 francs de l'époque.

La croyance populaire veut que Charles Perrault (1628-1703) ait trouvé l'inspiration du conte de la "Belle au Bois Dormant" en se promenant dans le parc bien que le Château dans lequel il situe la Belle Endormie attendant son Prince Charmant soit celui de Rigny-Ussé.

On ne sait rien du ou des personnages qui pensèrent aux générations futures en plantant avec altruisme et discernement quasiment toutes les essences d'arbres existantes dans cette région de France. Ne citons que les moins répandues telles que les deux sophoras tricéphales jouxtant chacune des deux tourelles, les deux cèdres du Liban plantés en 1795 et qui ont supporté avec tant de vigueur bien des orages, les orangers morts de vieillesse il y a peu de temps. Il y a même un séquoia, espèce fort peu répandue en France, sur la gauche de l'allée principale. La haie de houx bordant la ferme au nord de notre route a 200 ans d'existence : les villageois la connaissent bien qui viennent en faire des bouquets au moment de Noël !

Ainsi avant même qu'on ait pensé à dessiner les plans de l'actuelle Tortinière, son écrin avait été prévu. Ce fut donc en 1866 qu'à la gentilhommière succéda l'actuel château de la Tortinière construit par Pauline Dalloz, veuve du jurisconsul Armand Dalloz, auteur du précis du Code Civil dont se servent encore tous les juristes français. Ce bâtiment de style Renaissance a su s'inspirer à la fois de quelques chefs-d'œuvre de l'époque (Azay-le-Rideau par exemple) et des solides principes de construction du XIXème siècle.

Jacquemin-Bellisle qui fut l'architecte de la Tortinière est issu d'une longue lignée d'architectes qui ont conçu l'Hôtel-Dieu de Tours, le Palais de Justice et reconstruit la Cathédrale.

Pauline et Armand Dalloz ont trois filles. C'est Louise Désirée, mariée à Albert de Rigny qui hérite de la propriété. Elle est l'âme de la maison, celle qui redonne vie aux pièces engourdies par l'hiver pour recevoir enfants et petits-enfants. Et chaque été la maison retentit à nouveau de cris et de rires. Le pavillon Renaissance est l'endroit réservé aux jeux enfantins; la camomille sèche au premier étage et les pruneaux dans le four à pain du Pressoir. Louise et Albert de Rigny ont deux fils Roger et Daniel. Roger n'a pas d'enfants. Il vendra en 1924 la Tortinière à M. et Mme Paul Saillard pour 600.000 anciens francs. A leur tour M. et Mme Capron acquièrent la Tortinière des mains de Madame Saillard en 1954 et la transforment en hôtellerie en 1955. Ils ont quatre filles. C'est l'aînée, Denise Olivereau-Capron, qui pendant 40 années à veillé au bien-être de ses hôtes.
Elle est rejointe en 1989par son fils Xavier et en 2000 par sa belle-fille Anne, tous deux diplômés de l'Ecole Hôtelière de Lausanne (où ils se sont connus…). Ils personnifient ainsi la troisième génération d'hôteliers de cette famille. Ils ont eux-mêmes 3 fils : Victor, Adrien et Jules. Quant à la possibilité d'une quatrième génération d'hôteliers, seul l'avenir le dira…

Le fait historique le plus marquant concernant la Tortinière est la reddition de la ville de Tours aux allemands pendant la guerre de 1870, signée dans le salon aux meubles de citronnier aujourd'hui disparus. Durant cette même guerre, passèrent par la Tortinière en mars 1871 le neveu de Guillaume 1er, Frédéric Charles, ainsi que Frédéric III, Roi de Prusse et futur Empereur d'Allemagne.

Les souvenirs de la seconde guerre mondiale sont plus vivaces. Alors que tous les Châteaux des environs avaient été transformés en lieux de convalescence pour les soldats allemands blessés, la Tortinière abritait l 'Etat Major. Des baraquements avaient été construits dans le parc pour abriter les soldats qui servaient l'Etat Major.

Les Allemands ont quitté la Tortinière le 30 août 1944. Fort curieusement, ce jour-là alors qu'on était en plein été, toutes les cheminées du Château fumaient; sans doute avaient-ils voulu brûler des documents compromettants avant leur départ.
Mais ne dit-on pas que, tout comme les gens heureux, les maisons heureuses n'ont pas d'histoire!

Depuis que la Tortinière est un Château-Hôtel, elle a eu le privilège de recevoir beaucoup de personnalités de tous horizons : en 1973, Georges Pompidou alors Président de la République en visite privée, peu de temps après Valéry Giscard d'Estaing alors Ministre des Finances, le pianiste russe Sviatoslav Richter, l'écrivain Françoise Sagan, Audrey Hepburn, Simone Valère, Jean Desailly et Pierre Bertin de la Comédie Française, Gérard Depardieu, Pierre Richard, Pierre Perret, Juliette Binoche, Sabine Azéma, Jean-Hugues Anglade et tant d'autres...